🏠 Propriétaires : connaissez-vous la clause de travaux d'amélioration ?
L'article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989 permet, sous certaines conditions, d'augmenter le loyer après la réalisation de travaux d'amélioration dans un logement loué.
👉 Mais attention :
Tous les travaux ne permettent pas une hausse de loyer.
Il ne s'agit pas de simples réparations ou d'entretien.
✔️ Les travaux doivent constituer une véritable amélioration du logement (ex : confort supplémentaire, modernisation importante, meilleure performance énergétique…).
✔️ Une clause spécifique doit être prévue dans le bail.
✔️ Le locataire doit être informé dans les règles.
⚖️ Une erreur dans l'application peut entraîner une contestation du locataire… voire l'annulation de l'augmentation.
Vous êtes propriétaire et vous envisagez des travaux ?
Avant d'augmenter le loyer, mieux vaut vérifier que les conditions légales sont bien réunies.
📩 Je vous accompagne dans la vérification de vos baux, des clauses spécifiques et la sécurisation de vos augmentations de loyer.
02/05/2026
L'humidité dans un logement est une source fréquente de litiges entre propriétaires et locataires. Si le bailleur doit garantir un habitat sain, le locataire est responsable de son entretien courant. La loi du 6 juillet 1989 impose de distinguer la vétusté des infrastructures de la négligence d'occupation pour déterminer la responsabilité financière des réparations. Cet article analyse les critères de décence, les obligations contractuelles et les recours juridiques pour résoudre ces conflits efficacement.
Le socle de toute relation locative repose sur la notion de logement décent. Selon l'article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, le bailleur est tenu de remettre au locataire un logement décent ne laissant pas apparaître de risques manifestes pouvant porter atteinte à la sécurité physique ou à la santé. L'humidité excessive et la prolifération de moisissures sont directement visées par ces critères de décence.
Le décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 précise que le logement doit assurer l'étanchéité à l'air et à l'eau. Les menuiseries, la toiture et les murs extérieurs doivent être en bon état de conservation pour empêcher toute infiltration. Par ailleurs, depuis le 1er janvier 2023, la performance énergétique et le renouvellement de l'air sont des points de contrôle cruciaux. Un système de ventilation mécanique contrôlée (VMC) défaillant ou inexistant peut être considéré comme une faute du propriétaire, car il empêche l'évacuation de l'humidité résiduelle produite par la vie quotidienne.
Lorsque l'humidité provient d'un défaut structurel, la charge financière incombe exclusivement au bailleur. Cela concerne notamment :
Dans ces situations, le locataire est fondé à exiger la réalisation de travaux de mise en conformité sans que cela ne puisse justifier une augmentation de loyer immédiate, sauf accord spécifique sur l'amélioration de l'habitat.
Si le propriétaire doit fournir un toit sain, le locataire est le gardien du logement durant toute la durée du bail. L'article 7 de la même loi de 1989 rappelle que le locataire doit prendre à sa charge l'entretien courant ainsi que les menues réparations, sauf si elles sont occasionnées par vétusté ou force majeure.
La cause la plus fréquente de litige liée aux moisissures est le défaut d'aération. Un locataire qui, pour réaliser des économies d'énergie, choisirait de boucher les entrées d'air ou les grilles de ventilation des fenêtres commet une faute. De même, si le logement est correctement équipé mais que l'occupant n'ouvre jamais les fenêtres, l'accumulation de vapeur d'eau due aux douches et à la cuisine favorisera systématiquement les champignons. Dans ce cas, les frais de remise en peinture et de nettoyage des murs seront à la charge du locataire, souvent retenus sur le dépôt de garantie lors de l'état des lieux de sortie.
Un chauffage insuffisant peut également favoriser la condensation de l'humidité sur les parois froides. Le locataire a l'obligation d'occuper les lieux en "bon père de famille". Si les moisissures apparaissent parce que le locataire ne chauffe pas du tout son logement durant l'hiver, sa responsabilité pourrait être engagée. Toutefois, le juge tempère souvent ce point si le système de chauffage fourni par le bailleur est vétuste ou s'il s'agit d'une véritable "passoire thermique", rendant le coût du chauffage prohibitif pour l'occupant.
Face à un mur qui noircit, l'œil d'un non-expert ne suffit pas toujours à identifier le coupable. Est-ce une infiltration d'eau de pluie par la façade ou une condensation due à un manque de circulation d'air ? C'est ici que l'expertise devient indispensable pour éviter des litiges locatifs longs et coûteux.
Lors de la découverte de traces d'humidité, la première démarche est d'effectuer une déclaration de sinistre auprès de son assureur (Multirisque Habitation). Un expert sera alors dépêché pour déterminer si l'origine est accidentelle (fuite dans une canalisation, dégâts des eaux) ou structurelle. Si le sinistre provient d'une canalisation encastrée ou d'une toiture commune à la copropriété, c'est l'assurance du propriétaire ou de la copropriété qui interviendra.
En attendant les réparations, il est fortement déconseillé au locataire d'arrêter de payer son loyer unilatéralement, sous peine d'être confronté à des procédures pour loyers impayés. Seul un juge peut décider d'une suspension ou d'une diminution du loyer si le logement est déclaré insalubre ou impropre à l'habitation. Il est donc crucial d'obtenir des rapports d'experts certifiés pour étayer son dossier auprès du bailleur ou devant le tribunal.
Lorsque le dialogue amiable constructive échoue, plusieurs étapes juridiques permettent de faire valoir ses droits, que l'on soit propriétaire ou locataire.
La première étape formelle consiste en l'envoi d'une lettre de mise en demeure par courrier recommandé avec accusé de réception. Ce courrier doit lister les désordres constatés et demander une intervention dans un délai précis (souvent 8 à 15 jours). Si cette demande reste lettre morte, la saisie de la Commission Départementale de Conciliation (CDC) est une étape gratuite et souvent efficace. Elle permet de réunir les deux parties autour d'un tiers neutre pour trouver un accord avant d'engager des frais de justice plus lourds.
Si l'humidité est telle qu'elle constitue un danger pour la santé, le locataire peut contacter le Service Communal d'Hygiène et de Santé (SCHS) de sa mairie ou l'Agence Régionale de Santé (ARS). Un inspecteur viendra constater la situation. Si l'insalubrité ou le péril sont confirmés, un arrêté préfectoral peut contraindre le propriétaire à réaliser les travaux sous peine de sanctions pénales. Dans ce cadre, le paiement du loyer est généralement suspendu jusqu'à la fin des travaux de mise en conformité.
Le traitement de l'humidité dans un logement est une responsabilité partagée qui demande une vigilance constante. Pour le bailleur, il s'agit d'investir dans un système de ventilation performant et de veiller au bon état du bâti. Pour le locataire, il s'agit d'adopter des habitudes d'occupation saines (aération quotidienne, non-obstruction des bouches d'air). En cas de litige, la clé réside dans la réactivité et la production de preuves techniques. Ne laissez jamais une situation d'humidité stagner, car le coût des dommages ne fera que croître avec le temps, complexifiant d'autant plus la résolution juridique du conflit. Pour toute aide supplémentaire dans vos démarches techniques ou contractuelles, n'hésitez pas à consulter un professionnel spécialisé en actualités droit immobilier ou en gestion des litiges locatifs.
Juriste indépendante en immobilier et recouvrement, titulaire d'un master 1 en immobilier et plus de 10 ans d'expérience, j'aide mes clients en fournissant les informations juridiques actualisées pour vous aider à avancer plus sereinement dans votre situation.